Benjamin Netanyahu

Une biographie politique

11/28/20257 min temps de lecture

Introduction

Benyamin Netanyahou est le Premier ministre israélien ayant exercé le plus longtemps, avec 18 années cumulées au pouvoir en 2025. Cela fait de lui une figure centrale de la politique israélienne et internationale. Sa carrière combine un héritage idéologique familial, une maîtrise poussée de la communication politique et une image de leader souvent associée à la sécurité d'Israël. Ce parcours, marqué par l’influence du sionisme révisionniste et des expériences militaires et diplomatiques, a profondément façonné la droite israélienne et la position du pays sur la scène mondiale ; c'est ce que nous allons approfondir dans cet article.

enfance et Ascension Politique

Benyamin Netanyahou est né le 21 octobre 1949 à Tel Aviv et a grandi à Jérusalem dans une famille profondément influencée par le sionisme révisionniste. Cette idéologie, portée par Vladimir Jabotinsky, prône le retour des juifs en Palestine mandataire, c'est-à-dire sur les deux rives du Jourdain, incluant la Jordanie actuelle. Son grand-père Nathan Mileikowsky et son père, l’historien Benzion Netanyahou, lui ont transmis une vision nationaliste du peuple juif, fondée sur la conviction que la force est essentielle à sa survie et sur le droit historique du peuple juif sur l’ensemble de la « Terre promise ». La famille s’opposait fortement à l’establishment travailliste et au socialisme qu’elle considérait comme dominant et hostile. Benzion Netanyahou a envoyé ses enfants aux États-Unis, à Cheltenham en Pennsylvanie, pour leur adolescence, pour échapper aux influences de la société israélienne "pervertie" de l’époque. Benyamin y a développé la maîtrise de l’anglais et une connaissance des médias et de la politique américaine, compétences qu’il utilisera tout au long de sa carrière.

Lorsqu'il doit effectuer son service militaire en Israël, il sert dans la Sayeret Matkal, unité d’élite des forces spéciales israéliennes. En mai 1972, alors lieutenant de cette unité, il participe à l'assaut du vol Sabena 571 à l'aéroport Ben-Gourion. Il est blessé par un tir accidentel en capturant les pirates de l'air de Septembre Noir. Son grand frère Yonatan devient le commandant de Sayeret Matkal en 1975. Il est mort lors de l’opération d’Entebbe en Ouganda en 1976. Il est le seul soldat israélien tué pendant la mission. Sa mort a renforcé son image héroïque dans l’imaginaire national israélien. Cet événement a également contribué à consolider la réputation de sa famille comme engagée dans la lutte contre le terrorisme.

Après son service militaire et l'obtention de son diplôme en management au MIT, Netanyahou a entamé sa carrière politique. Il a été chef de mission adjoint à Washington et ambassadeur d’Israël aux Nations Unies de 1984 à 1988. De retour en Israël, il est élu à la Knesset en 1988 sous la bannière du Likoud et devient rapidement un opposant majeur au processus de paix d’Oslo signé en 1993 entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin. Il compare ces accords à l’Accord de Munich de 1938, estimant qu’ils constituent une concession dangereuse face à une menace existentielle pour Israël. Sa position ferme et sa rhétorique anti-Oslo le positionnent comme le principal leader du camp de l’opposition et préparent son ascension au pouvoir. Le slogan de sa campagne était "Netanyahou pour une paix sûre", qui sous-entend que la paix d'Oslo, de son opposant Shimon Peres, est dangereuse.

Les années au pouvoir

En 1996, Benyamin Netanyahou devient Premier ministre d’Israël à l’issue d’une élection historique, étant le premier dirigeant israélien à être élu directement par le peuple. Le parti travailliste obtient néanmoins plus de sièges que le Likoud à la Knesset. Cette élection intervient après l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995, un événement tragique qui a marqué le pays et au cours duquel Netanyahou est accusé par certains opposants d'avoir participé à faire monter la haine anti-Rabin, notamment en le présentant comme un colabo. Son premier mandat a cristallisé son approche conflictuelle de la diplomatie, en particulier face à une administration Clinton déterminée à poursuivre le processus d'Oslo qu'il cherchait à démanteler. Bien qu'il ait signé le Protocole de Hébron et le Mémorandum de Wye River, qui devaient mener à un retrait partiel de Cisjordanie, ces négociations ont été menées à contrecœur. Sa politique versatile a eu raison de sa coalition, qui chute en décembre 1998. S'en est suivi une lourde défaite en mai 1999 face à Ehud Barak.

Après sa défaite, Netanyahou est revenu en tant que ministre des Finances sous Ariel Sharon (2003-2005). Il y a mené des réformes économiques néolibérales radicales avec des privatisations et coupes dans les aides sociales, ce qui a renforcé son image de réformateur économique. Le tournant décisif de son retour fut son opposition farouche au plan de désengagement de la bande de Gaza de Sharon en 2005. En démissionnant du gouvernement, Netanyahou a réalisé un coup de maître politique : il s'est positionné comme le leader incontesté du camp nationaliste et le garant de l'idéologie du "Grand Israël". Après avoir patiemment reconstruit le Likoud, il a remporté les élections de 2009, marquant le début de son second et plus long règne.

Durant cette décennie, la stratégie de Netanyahou concernant le conflit israélo-palestinien fut double. Son discours de Bar-Ilan en 2009 constituait une acceptation tactique de la solution à deux États, un geste stratégique visant à apaiser la nouvelle administration Obama. Cependant, ses actions sur le terrain démontraient son objectif réel : il poursuivait une politique d'expansion continue des colonies et exploitait la division entre l'Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza. Comme il l'a lui-même admis en 2019, maintenir cette séparation était un moyen stratégique pour "empêcher la création d'un État palestinien". Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire notre article "Netanyahou et le Hamas : flux financiers et calculs politiques à Gaza".

Sa politique étrangère a été dominée par un affrontement idéologique fondamental avec l'administration Obama au sujet du programme nucléaire iranien, qui a culminé en 2015 avec un discours controversé devant le Congrès américain pour s'opposer à l'accord sur le nucléaire (JCPOA). Sur le plan intérieur, cette période fut marquée par les manifestations pour la justice sociale de 2011, une conséquence directe des griefs liés au coût de la vie exacerbés par ses politiques néolibérales. Inversement, sa relation chaleureuse avec l'administration Trump, fruit d'un alignement idéologique et d'une approche transactionnelle, a abouti à des victoires diplomatiques majeures : le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem et la signature des Accords d'Abraham en 2020.

Depuis 2019, Benjamin Netanyahou est poursuivi dans trois dossiers distincts : dossier 1000, dossier 2000 et dossier 4000, pour corruption, fraude et abus de confiance. Le dossier 1000 concerne des cadeaux de luxe offerts pendant plusieurs années par des hommes d’affaires, cigares, champagne, bijoux, pour une valeur estimée à plusieurs centaines de milliers de shekels, en échange de faveurs liées notamment à des démarches administratives ou fiscales. Le dossier 2000 porte sur des échanges avec l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth visant à obtenir une couverture médiatique plus favorable contre des mesures limitant un journal concurrent. L’affaire 4000 accuse Netanyahou d’avoir pris des décisions politiques et réglementaires favorables à l’entreprise Bezeq, non pas dans l’intérêt général mais pour un intérêt particulier ; en échange, la société aurait offert une couverture médiatique favorable sur son site d’information Walla. Il s’agit donc d’un conflit d’intérêts où des décisions gouvernementales auraient été orientées pour avantager une entreprise proche, ce qui constitue la base des accusations de corruption, fraude et abus de confiance. Il a été officiellement inculpé le 21 novembre 2019, devenant le premier Premier ministre israélien en exercice mis en examen pour corruption. Des témoignages, des enregistrements et des inventaires détaillés de cadeaux sont exposés dans le documentaire israélien "The Bibi Files".

En 2021, une alliance hétéroclite, la "coalition du changement" dirigée par Naftali Bennett et Yaïr Lapid, a réussi à l'évincer du pouvoir. Cependant, Netanyahou a fait son retour fin 2022, à la tête du gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.

la Crise depuis 2023

En 2023, le gouvernement de Benjamin Netanyahou a proposé une réforme judiciaire visant à limiter le pouvoir de la Cour suprême et à accroître le contrôle politique sur la nomination des juges. Cette réforme a été perçue comme une menace pour les équilibres démocratiques d’Israël et comme une manœuvre pour affaiblir les institutions susceptibles de le tenir pour responsable dans les affaires qui le visent. Cette réforme a déclenché des manifestations massives à travers le pays, avec un rassemblement culminant le 22 juillet 2023 à Tel Aviv rassemblant environ 550 000 personnes. Des milliers de réservistes ont menacé de ne plus servir si la réforme était adoptée. Ce projet de réforme est finalement abandonné. Le 7 octobre 2023, le Hamas et le Jihad Islamique lancent une attaque massive contre Israël depuis Gaza, provoquant la plus grave défaillance sécuritaire de l’histoire du pays. Ces attaques mettent en lumière les choix stratégiques controversés de Benjamin Netanyahou envers Gaza et le Hamas, relançant le débat sur les relations indirectes entre Israël et l’organisation palestinienne. Pour en savoir plus, lire notre article « Netanyahou et le Hamas : flux financiers et calculs politiques à Gaza ». À la suite des bombardements israéliens durant les mois qui ont suivi, la Cour pénale internationale a émis le 21 novembre 2024 un mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant, ancien ministre de la Défense, et les accuse de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En 2025, une commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a qualifié les actions menées à Gaza depuis octobre 2023 de génocide, décrivant des meurtres de civils, des atteintes graves à l’intégrité physique et mentale et des conditions de vie imposées susceptibles de conduire à la destruction partielle des Gazaouis.

et maintenant ?

En novembre 2025, des manifestations ont lieu à Tel‑Aviv et dans d’autres villes pour exiger la mise en place d’une commission d’enquête d’État indépendante sur l’attaque du 7 octobre 2023. Benjamin Netanyahou bénéficie actuellement d’une forme d’immunité liée à sa fonction de Premier ministre, ce qui suspend toutes les procédures judiciaires en cours le concernant. Si la coalition au pouvoir venait à s’effondrer, il pourrait perdre son poste et ces procédures pourraient être relancées. Lors de sa visite à la Knesset en octobre 2025, Donald Trump a demandé au président israélien Isaac Herzog de gracier Netanyahou.

Si tu veux, je peux maintenant te faire un résumé

sources

LIVRES:

Israel under Netanyahu, Robert O. Freedman

Bibi the turbulent life and times of Benjamin Netanyahu, Anshel Feffer

Netanyahu vs the generals, Guy Ziv

From Rabin to Netanyahu, Efraim Karsh

Bibi my story, Benyamin Netanyahu

ARTICLES:

https://fr.timesofisrael.com/deces-de-theresa-khalsa-terroriste-du-vol-571-reliant-vienne-a-tel-aviv-en-1972/